L’association Cistude Nature prépare la huitième édition du festival Territoires Sauvages, consacrée cette année (3-6 avril 2026) aux mondes aériens. Au programme, des conférences, des balades naturalistes, des documentaires et des spectacles vivants pour aider le grand public à se reconnecter à ce qui nous entoure. Et ainsi à nous interroger sur nos modes de vie.

« Nous faisons le pari que la connaissance de la biodiversité est indispensable à la compréhension des dépendances des humains à leur environnement » précise Gabrielle Sauret, chargée de médiation des sciences pour l’ONG.

les couvertures du Zéphyr

Le Zéphyr : Quel est l’objectif du festival Territoires Sauvages que vous avez lancé au sein de l’association Cistude Nature ?

Gabrielle Sauret : L’association Cistude Nature organise le festival Territoires Sauvages depuis 2018. Cette année, la 8e édition est dédiée aux mondes aériens (la 8e, sachant qu’il n’y en a pas eu en 2020). Notre but est de mettre en avant le vivant, les écosystèmes et de faire partager aux visiteurs notre passion à défendre la « nature ». Et cela via différentes approches, tant naturalistes, scientifiques qu’artistiques. C’est en découvrant, en apprenant et en rencontrant les non-humains que chaque personne peut à son tour prendre part, en fonction de ses sensibilités, à la protection de notre planète et de ses habitants.

Augmentation du gaz à effet de serre

Quelle sera la particularité de cette édition 2026 ?

Pour l’édition 2026, nous avons concocté un programme aérien, léger comme un grain de pollen, à tire-d’ailes (de chauve-souris, d’insectes, d’oiseaux…), suspendu à fil de soie.

On ouvre le festival le vendredi 3 avril par une conférence de Maxime Zucca, spécialiste de la migration des oiseaux. Il dévoilera les secrets de ces voyages au long cours qui nous fascinent : pourquoi les oiseaux migrent ? Quels chemins empruntent-ils ? Comment parviennent-ils à destination ? Et comment s’orientent-ils en route ?

L’atmosphère de notre planète est indispensable à la vie. Mais nous malmenons l’équilibre fragile de cette fine couche protectrice à coup d’énergies fossiles. L’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, dont nous sommes responsables, a des conséquences pour l’ensemble de la vie sur Terre. Une conférence à trois voix abordera ce sujet le lundi 6 avril.

Vous apprendrez aussi que les nuages constituent un écosystème insoupçonné depuis la terre ferme, avec Pierre Amato, écologue microbien spécialisé sur l’environnement atmosphérique. Le microbiome aérien est aussi mis à l’honneur dans le film de Claude-Julie Parisot, Le peuple des airs, qui vous fera découvrir la biodiversité de l’atmosphère, ce vaste espace moins vide qu’il n’y paraît…

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Ce festival, c’est aussi des balades naturalistes, contées ou artistiques, des ateliers, les expositions photos de Matthieu Berroneau et d’Inès Rincé, l’exposition des origamis sauvages de Jonathan Rebouillat. Et, le dimanche soir, nous proposerons un concert avec Tentative, un groupe postpunk poétique glam-burlesque, avec, en premières parties, Move Yuh Butt et Hello Lone Stranger.

Le travail de reconnexion

Comment parvenir à reconnecter le grand public au vivant ?

Nous faisons le pari que la connaissance de la biodiversité, du fonctionnement des écosystèmes et du système climatique planétaire est indispensable à la compréhension des dépendances des humains à leur environnement. Elle permet également de saisir les interdépendances de l’ensemble des vivants et, de fait, l’importance d’une prise en compte systémique de la vie sur Terre.

Nous faisons le pari que cette connaissance passe par la rencontre avec les autres espèces ou via le regard des artistes, qui donne à voir la richesse du monde vivant et l’expriment à leur manière dans leurs créations. Que ces rencontres aient lieu sur le terrain, avec les naturalistes, ou à travers des œuvres qui nous touchent, les émotions qu’elles suscitent amorcent un travail de reconnexion avec le vivant. Elles invitent chaque personne à réfléchir à notre mode de vie et à la manière de les faire évoluer pour pouvoir enfin vivre ensemble. / Propos recueillis par Philippe Lesaffre

Le Zéphyr est partenaire du festival. Les autres : L’Union européenne (FEDER), la région Nouvelle-Aquitaine, le Parc naturel marin du Bassin d’Arcachon, la mairie du Teich, le Parc naturel régional des Landes de Gascogne, la Réserve ornithologique du Teich.