Il était presque l’heure de boucler le numéro. Je relisais l’un des récits du numéro (que vous pouvez commandez) quand le téléphone portable a sonné. Une alerte d’actualité comme il y en a chaque jour. Je n’ai pas cherché à la découvrir tout de suite, mais la curiosité m’a rattrapé au bout d’un moment. Et j’ai cliqué.
Une énième attaque contre la biodiversité. On finirait par s’y habituer, on ne devrait pas. Cette fois, elle émane des instances européennes. Je découvre, en cette mi-décembre 2025, que la Commission européenne propose d’autoriser sans limite de temps un certain nombre de pesticides, par exemple le glyphosate. Si cette mesure voyait le jour, les fabricants de ces produits n’auraient plus à demander une réévaluation tous les dix ou quinze ans pour pouvoir vendre leurs biens. Les substances les plus dangereuses ne seraient certes pas concernées.
Mais l’ONG Générations futures, comme d’autres, s’étouffe. Souhaité par « les géants de l’agrochimie », le projet mis en avant par l’exécutif européen, écrit l’association, constituerait « un très grave recul en matière de protection de la santé et de la biodiversité en Europe ».
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Chute des populations
Ces dernières années, on en a pourtant observé, des déclins de la faune et de la flore. Les citoyens qui participent à des programmes collectifs de suivi d’espèces pour mieux connaître le vivant s’en sont bien rendu compte. Beaucoup d’insectes disparaissent, en particulier en raison de l’usage de produits chimiques en milieu agricole, laissant ainsi les oiseaux insectivores s’affamer. Année après année, les effectifs des espèces inféodées au milieu agricole ont rétréci.
Je songe soudain aux marches pour le climat, qui fleurissaient avant le Covid-19. Et si les mêmes personnes ressortaient pour se mobiliser ? Et si elles battaient à nouveau le pavé de manière massive, afin de défendre cette fois les non-humains qui tombent en raison de nos activités humaines ? Le Zéphyr a envie de rêver. Même s’il ne se fait guère d’illusions. / Philippe Lesaffre

