L’aventurier Rémi Camus parcourt à partir du 6 février plus de 300 kilomètres à la nage dans la Saône et le Rhône pour alerter sur la pollution de ces deux fleuves. Une sortie en plein hiver qui lui servira d’entraînement. Car il s’apprête à réaliser cet été un Calvi-Monaco en totale autonomie.

M.A.J 15/2/2022 : Le Zéphyr a rappelé Rémi Camus après son défi physique. « C’était glacial, explique l’aventurier après la fin de son périple, l’eau était fraîche, un peu près 5-6°. » Le sportif nous l’assure, et on l’a vu dans ses stories sur Instagram, il a bien grelotté. « C’était un bel entraînement en vue de mon aventure de cet été à venir, entre Calvi et Monaco. Il faut encore que je m’améliore sur la combinaison. J’étais en hypothermie chaque soir. » Au final, après un échange avec la Compagnie nationale du Rhône (premier producteur français d’énergie exclusivement renouvelable et le concessionnaire du Rhône pour la production d’hydroélectricité, le transport fluvial et les usages agricoles), il a changé ses plans, et il a nagé entre Thoissey (Ain) et Villefranche-sur-Saône (Rhône) pendant quelques jours, jusqu’au 13 février.

Et voilà le récit de la rédaction, publié avant son départ.

Le départ est donné le 6 février à Villefranche-sur-Saône. Rémi Camus a l’intention de parcourir près de 340 kilomètres jusqu’à Port-Saint-Louis-du-Rhône. À la nage, s’il vous plaît. Une aventure qui fait office d’entraînement pour le jeune homme. Car, cet été (la date n’est pas encore déterminée), Rémi va nager entre Calvi et Monaco en totale autonomie pour sensibiliser au sujet des déchets dans la Méditerranée. Il aura à pousser une plateforme, sur laquelle il pourra se restaurer et dormir pendant son trajet. Un sacré défi physique d’une durée de 8 jours environ, visant à alerter sur l’urgence climatique.

« J’avais déjà remarqué à quel point cette mer était polluée et très sale lors de mon tour de France à la nage, réalisé en 2018 », nous a-t-il expliqué quelques semaines avant le grand départ de son aventure estivale, en Corse. Le Zéphyr y reviendra d’ailleurs, dans le prochain numéro du magazine, dédié à l’univers des immensités à protéger (ce sera Le Zéphyr n°12, sur les océans).


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En attendant le plongeon en Méditerranée, l’aventurier s’apprête ainsi à sauter dans la Saône, un fleuve qui se jette dans le Rhône. Rémi, lui, souhaite, rejoindre, toujours en nageant, l’embouchure dans la Mer Méditerranée, au niveau de Port-Saint-Louis-du-Rhône, dans les Bouches-du-Rhône. « L’aventure physique et l’exploit sportif attirent les curieux, dit-il, et du coup cela nous permet de faire passer des messages. » Là, en l’occurrence, pour ce défi, l’idée, c’est de mettre l’accent, encore et toujours, sur les fragilités de la Terre, et notamment les cours d’eau pollués.

Nettoyage citoyen et sensibilisation

En cause : nos activités agricoles, l’utilisation massive de pesticides, mais aussi nos habitudes de consommation de plastique et les trop nombreuses incivilités. « C’est dingue, tout ce que l’on avait pu retrouver dans La Loire », se souvient Rémi, quelques mois après sa précédente sortie, aux côtés de vidéastes, dans cet autre fleuve, en juin dernier. À bord d’un radeau, il avait participé à des collectes de déchets, avec le soutien de l’application Trash Spotter. Les participants avaient notamment ramassé une carcasse de bus et divers déchets en plastique. Au-delà du nettoyage, il s’agissait de « montrer la beauté des paysages et du patrimoine français« , lui qui s’est souvent rendu au bout du monde pour ces périples : en Australie, pour sa première aventure, mais aussi en Asie du Sud-Est, dans le fleuve Mékong, où, en l’absence d’infrastructures, « les riverains jetaient aisément leurs déchets ».


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Pendant que Rémi sera occupé dans l’eau, des étudiants de Maisons familiales rurales (MFR) du Rhône, des établissements scolaires associatifs proposant des formations par alternance de la 4e à l’enseignement supérieur, l’accompagneront dans le projet : « Ils vont organiser une collecte de déchets, la filmer, nous a-t-il précisé lors de notre échange. Mais je leur ai aussi demandé d’identifier une espèce endémique, une plante ou un animal dans le Rhône ou la Saône, et de déterminer quelles seraient les conséquences de la perte de son habitat, en gros dans le cas où le fleuve en question deviendrait invivable. » Il a hâte de voir le résultat. / Philippe Lesaffre