Thierry Callewaert, enseignant de physique-chimie au collège au sein de l’académie de Bordeaux, organise des séjours en montagne pour les adultes et les plus jeunes. L’idée est de les inviter en particulier à observer la faune et la flore et à échanger avec des associations naturalistes ou des scientifiques pour « recréer du lien avec le monde académique ».

« Mon objectif est de reconnecter le grand public au vivant »

Le Zéphyr : Quels types de séjours proposez-vous et pour quels objectifs ?

Thierry Callewaert : En parallèle de mes cours de physique-chimie, j’ai lancé mon activité de création d’expériences immersives, notamment en territoires de montagne. Je ne suis pas guide, mais je conçois des week-ends, des séjours pour des adultes mais aussi des publics scolaires sur des thèmes environnementaux, comme le climat, la biodiversité, les glaciers, l’astronomie… J’imagine un programme, puis je me mets en lien avec des associations, des guides de montagne, des scientifiques, pour le construire. Je les invite en fonction des sujets abordés lors de telle ou telle immersion.

Mon objectif est de reconnecter le grand public au vivant. Je voudrais les sensibiliser à ce qui nous entoure dans les territoires de montagne afin qu’ils comprennent mieux les enjeux et les leviers d’action, y compris individuels. Ensemble, on observe les espèces, on compte les individus. Les participants s’émerveillent et s’inscrivent ainsi dans une démarche de science participative.

Partir sur les traces des ours dans les Pyrénées

Avez-vous des exemples en tête ?

J’ai eu l’opportunité d’organiser une sortie pour observer de près des rapaces migrateurs dans les Pyrénées-Atlantiques. Nous étions avec des spotteurs de la LPO.

En Haute-Garonne, j’ai conçu un séjour sur le thème de l’ours pour permettre aux participants de partir sur la piste de cet animal emblématique avec un spécialiste issu de l’association Pays de l’Ours-Adet à la recherche d’indices de présence sur le terrain, les traces de pas, les crottes ou encore les poils qui seront ensuite analysés…

Pour en savoir plus sur la situation des ours dans les Pyrénées, lisez Le Zéphyr n°20

Il y a par ailleurs de nombreux projets en préparation ou en réflexion comme une sortie avec la biologiste Adeline Loyau, qui étudie l’écologie des lacs de montagne des Pyrénées.

« Recréer du lien avec le monde académique »

Vous voulez que les citoyens renouent avec le monde académique, en leur montrant comment les scientifiques travaillent et produisent de la connaissance ?

L’idée est en effet de recréer du lien avec le monde académique à un moment où l’on observe une défiance croissante vis-à-vis de la science. Je propose aux participants des activités concrètes : ils s’impliquent, observent, participent grâce à la présence d’intervenants experts. J’aime en particulier leur montrer durant les séjours comment les connaissances scientifiques sont produites et de quelle manière se déroule par exemple un protocole de suivi d’espèces. Les participants sont acteurs, ils parviennent mieux à se rendre compte de ce qui se passe en matière de biodiversité, quels sont les enjeux liés à la crise du vivant. Ils mesurent à quel point ce qu’ils font a un véritable intérêt et un sens pour eux et pour la connaissance. / Propos recueillis par Philippe Lesaffre