Le 8 avril dernier, la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale a décidé de classer sans suite une pétition demandant la fin du « massacre injustifié des renards ». 59 000 personnes l’avaient pourtant signée. Les ONG de défense du vivant continuent de se mobiliser.
Mais pourquoi ? Les associations de défense essaient toujours de comprendre. Lors d’une réunion du 8 avril dernier, la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale a décidé de classer sans suite deux pétitions citoyennes. Une première pour demander la fin des pesticides de synthèse, portée notamment par Fleur Breteau (Cancer Colère), et une seconde appelant à stopper le « massacre injustifié des renards » et à ne plus classer cet animal dans la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD).
Le détail du vote à main levé n’a pas été communiqué, mais nous savons que l’extrême droite, la droite et le PS ont voté en faveur de ce classement. De son côté, La France insoumise, en particulier la rapporteure Ersilia Soudais, s’y est opposée. Sachant que les élus écologistes n’ont pas participé au vote, ce qui a surpris les militants naturalistes. « Ils auraient pu nous soutenir sur ce coup », a-t-on-entendu du côté des associations.
Ne ratez rien de l'actualité du Zéphyr
Mais le résultat est là : une majorité de députés, via ce vote, ont clôturé cette pétition, en empêchant ainsi quiconque de signer le texte porté par l’association Focale pour le Sauvage, l’ASPAS, Ferus, One Voice, le Pôle Grands Prédateurs et Aves France. Sur la plateforme de la Chambre basse, presque 59 000 personnes l’avaient jusque-là soutenu. Dont près de 15 000 dans les derniers jours. « Ce qui démontre que nous avions raison de nous mobiliser en faveur du canidé sauvage. La cause du vivant touche le plus grand nombre. Chaque année, de 500 000 à 600 000 renards sont tués, persécutés, y compris les plus jeunes, c’est cruel », glisse Mickaël Paul, membre du Pôle Grands Prédateurs.
Des députés de groupe de La France insoumise, issus de la commission, ont fait parvenir un courrier le 10 avril à la présidente de l’Assemblée nationale pour l’inviter à « inscrire à l’ordre du jour » les deux pétitions citoyennes, même si elles ont été classées sans suite par leur commission. L’idée : qu’elles puissent faire l’objet d’un « débat public dans l’hémicycle ». La députée Anne Stambach-Terrenoir (FI) l’explique sur son compte Instagram : « À l’heure où la défiance démocratique grandit, refuser d’entendre ces voix citoyennes (qui ont signé les pétitions) est une faute. »
Vivre en harmonie avec le vivant
Mais peu de chances que cela aboutisse. Mickaël Paul, qui remercie les signataires, n’y croit guère. Malgré tout, il préfère rester « positif » en dépit de la décision des parlementaires et veut voir le verre à moitié plein : « Je ne sais pas quand, mais je pense que nous y arriverons. »

Les associations de défense du vivant veulent poursuivre le combat en faveur du mammifère. Il n’y aura pas forcément d’une nouvelle pétition en ligne, mais les ONG veulent continuer de défendre la faune sauvage, ne pas cesser de sensibiliser. « Le renard est encore considéré comme un nuisible. Or, c’est un allié indispensable, dit-il. Il n’y a pas de raison de le garder dans la liste des ESOD. Certains agriculteurs voient bien par exemple que l’animal ne ravage pas les cultures et qu’il consomme des rongeurs porteurs de tiques, réduisant ainsi la propagation de la maladie de Lyme. » Par ailleurs, des chercheurs ont montré que chasser le canidé n’était pas de nature à protéger les poulaillers…
Le Pôle Grands Prédateurs organise les 23 et 24 mai prochain un week-end dédié au renard roux à Lons-le-Saunier, dans le Jura. « Il faut qu’on arrive à vivre en harmonie avec les non-humains », conclut Mickaël Paul. / Philippe Lesaffre

