Vous lisez l’édito du Zéphyr n°24. Un opus consacré aux rivières de petite taille et aux sentinelles des petits cours d’eau.
Mais pour quelles raisons ? Les associations de défense essaient toujours de comprendre ce qui a pu arriver. Le 8 avril 2026, la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale a donc décidé de classer sans suite deux pétitions citoyennes. Une première pour demander « la fin des pesticides de synthèse », portée notamment par Fleur Breteau, à l’origine de Cancer Colère, et une seconde appelant à stopper le « massacre injustifié des renards »et à retirer cet animal de la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), c’est-à-dire que l’on peut chasser, y compris hors des périodes de chasse.
Le sommaire du Zéphyr n°24 Rivières sauvages – les sentinelles
Le détail du vote à main levée des députés n’a pas été communiqué, mais nous savons que l’extrême droite, la droite et le PS ont voté en faveur du classement de la pétition. Seule la France insoumise s’y est opposée – sachant que les élus écologistes n’ont pas participé au vote, ce qui a surpris les militants naturalistes. « Ils auraient pu nous soutenir sur ce coup », a-t-on entendu du côté des associations de défense de l’environnement.
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ESOD inutile ?
Les députés, par leur vote, ont choisi de clôturer la pétition, empêchant ainsi quiconque de signer le texte porté par l’ASPAS et les associations Focale pour le Sauvage, FERUS, One Voice, Aves France, ainsi que le Pôle Grands Prédateurs. Sur la plateforme sécurisée de la Chambre basse, presque 59 000 personnes l’avaient tout de même soutenu à cette date, dont 15 000 au cours des derniers jours. « Nous avions raison de nous mobiliser en faveur du canidé sauvage. La cause du renard, et du vivant en général, touche le plus grand nombre », soutient Mickaël Paul, membre du Pôle Grands Prédateurs. Chaque année, plus de 500 000 renards sont tués, persécutés, y compris les plus jeunes. Cette pratique cruelle le choque particulièrement, comme il nous l’a raconté précédemment.
D’autant que des scientifiques démontrent que piéger ou abattre des individus ne règle pas les problèmes de prédation et d’attaques contre les poulaillers (voir Le Zéphyr n°24 aussi). « Le statut ESOD des renards, précisent les chercheurs, n’a pas conduit à une réduction significative du nombre de renards ou à des différences dans les taux de dommages », là où leur étude a été menée, dans le Jura.
Ce qui est en revanche nécessaire, disent-ils, c’est de renforcer la protection des poules via « une clôture des parcours extérieurs (suffisamment) haute et basse ». Des acteurs, tant issus du monde agricole et de la chasse que des milieux naturalistes, ont d’ailleurs accepté de travailler ensemble pour pouvoir parvenir à ces résultats. Encourageant ! / Philippe Lesaffre

