Mickaël Paul, membre du Pôle Grands Prédateurs, s’insurge contre le renouvellement du classement des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) pour la période 2026-2029. Chaque année, des milliers et des milliers d’animaux sensibles, mais considérés comme nuisibles, sont abattus. 

Un « acharnement », selon le militant naturaliste, qui devrait cesser. D’autant que les préserver revient à nous protéger : « Ces non-humains sont les alliées indéfectibles des milieux naturels dont nous dépendons pour notre propre survie », lance-t-il dans cette tribune.


2027 : on oublie pas la biodiversité – L’inaction climatique commence à agacer le climatologue Jean Jouzel. « Ma crainte, c’est qu’une fois que la campagne présidentielle commencera réellement à l’automne, a-t-il indiqué au Monde, on aura oublié ce qui s’est passé durant l’été 2026. Les médias ont un rôle important à jouer, car les défis du réchauffement ne disparaissent pas après la chute des températures. »

Il en va de même pour les enjeux de biodiversité. Tout est lié, et on parle comme d’habitude très peu des questions liées au vivant. À quelques mois des échéances électorales importantes, Le Zéphyr a demandé aux militants naturalistes et aux associations de protection du vivant ce qui devrait être la priorité et ce que nous pourrions envisager pour ne plus zapper ce qui est essentiel.

Vous lisez le premier épisode, avec cette tribune de Mickaël Paul, du Pôle Grands Prédateurs

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Août 2026. J’y ai cru jusqu’au bout, ou presque. Après tout, nous sommes en France : une nation qui aime s’ériger en phare démocratique lorsqu’elle s’exporte, mais qui peine cruellement à appliquer chez elle ses propres principes dès que l’on effleure certains sujets sensibles. Le courage politique repassera une nouvelle fois. La devise de notre République possède une force puissante, une grande résonance lorsqu’elle parle à notre seule espèce. Mais que reste-t-il de cette devise face à la faune sauvage ? Où sont la Liberté, l’Égalité et la Fraternité pour le vivant non humain ?

Voici donc comment notre pays transpose ses valeurs ultimes à la vie sauvage : sous l’acronyme infâme d’ESOD. Ce qui nous place en pays arriéré et nullement à l’avant-garde, car aucune autre contrée n’applique une logique aussi absurde.

ESOD signifie espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. Ce sigle terrible me glace, j’ai honte. Or, en ce 10 août 2026, la France vient de prolonger la persécution en renouvelant ce classement des ESOD. Nous revoilà repartis pour trois années de massacres légitimés au cœur de nos territoires.

J’ai d’abord voulu repousser de quelques jours l’écriture de cette tribune, le temps de laisser s’estomper cet été interminable de désastres écologiques, un été qui a marqué nos corps comme nos âmes. Mais réagir à chaud, en posant ma colère sur le papier, m’apparaît finalement comme la seule démarche raisonnable face à cette claque de trop, cette nouvelle injure à notre planète.

renard roux

© Mickaël Paul

Déni démocratique

Certes, la consultation publique ESOD n’a représenté qu’un échantillon de la population française. Un peu plus de 63 000 citoyens ont pris le temps de faire valoir leur voix en déposant un avis. Mais le résultat est là et sans appel : 84 % des votants se sont prononcés « contre » ce classement arbitraire, face à seulement 12 % de votants en faveur de l’arrêté. Pourtant, d’un revers de manche, le ministère de la Transition écologique a balayé cette écrasante majorité pour satisfaire des intérêts minoritaires. Ce déni démocratique est une blessure de plus dans notre chair.

En reconduisant ce classement des ESOD, nous venons de démontrer, une fois encore, notre plus belle incapacité à cohabiter avec le reste des espèces. Car c’est bien l’humain qui refuse de partager, de comprendre et de respecter. La présence des ESOD revient à dire que certaines espèces indigènes seraient utiles et d’autres nuisibles à notre intérêt, donc à éradiquer.

Ce mécanisme d’extermination légale est une plaie ouverte dans la mémoire collective de notre avenir. Une hémorragie institutionnelle que nous refusons de refermer, encore en 2026. Aucune étude scientifique, aucun constat de terrain, aucun coût écologique ne semble, à cet instant, capable de faire bouger les lignes administratives comme les mentalités de certains décisionnaires.

Délit de sale gueule

Qu’ont-ils donc fait, ces animaux, pour mériter un tel acharnement ? En vérité, ils souffrent d’un pur délit d’altérité. Un délit de « sale gueule », alors que quiconque prend le temps de croiser leur regard y décèle la beauté brute d’une existence qui ne demande qu’à être.

Nos élites sont à ce point déconnectées des règles biologiques élémentaires qu’elles n’ont toujours pas compris qu’en s’attaquant à ces mal-aimés, elles agissent contre nous tous ! Car ces espèces sont les alliées indéfectibles des milieux naturels dont nous dépendons pour notre propre survie. Avant d’en venir à l’exemple du renard, il faut mesurer ce que ce classement révèle déjà de notre rapport au vivant : une incapacité persistante à reconnaître l’utilité écologique de ceux que nous avons choisis de marginaliser.

Renard, allié sacrifié

La littérature scientifique moderne documente pourtant les bienfaits de ces espèces sur nos écosystèmes, sur une partie de notre agriculture et sur notre santé publique. Le renard roux, figure emblématique de ces parias et espèce que je chéris particulièrement, en offre l’exemple le plus parlant. En régulant les rongeurs, il limite certains dégâts agricoles ; en réduisant la circulation de réservoirs potentiels de maladies, il joue aussi un rôle sanitaire, notamment dans la prévention de la maladie de Lyme. Il participe enfin à la dispersion des graines par zoochorie.

Malgré notre adversité systémique, le renard persiste donc à tracer son chemin avec une remarquable résilience et à nous servir par sa seule existence. Son espèce subit pourtant une persécution totale : plus d’un demi-million de renards sont exécutés chaque année en France par des méthodes de tir, de déterrage ou de piégeage qui honorent bien peu notre condition humaine.

Le renard doit-il chasser pour vivre ? Évidemment. Manger et boire sont des besoins physiologiques primaires. Pensez-vous qu’il discerne ce qui nous appartient d’une proie sauvage ? Non, d’autant plus lorsque lesdites proies sont des oiseaux issus d’élevages intensifs, totalement inadaptés aux milieux naturels où ils sont relâchés en masse chaque été pour les besoins de la chasse de loisir. Ces oiseaux d’élevage n’ont jamais vu le contour, ni même compris le fonctionnement d’un écosystème naturel. La notion « d’avoir » est donc une construction purement humaine. Rien n’est acquis au-delà de nos murs.

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Tuer est inutile

Nous qui nous voyons comme espèce supérieure voudrions cependant que les autres espèces, les ESOD en tête, comprennent la notion de propriété ? Alors que celle-ci est totalement abstraite et pensée à hauteur d’humain à humain. Ainsi, comment expliquer à un renard qu’un faisan et une perdrix utilisés par une société de chasse pour ses adhérents lui sont interdit ? Pour défendre un poulailler, la meilleure solution n’est pas de s’en prendre aux prédateurs, mais de mieux protéger l’enclos, comme l’étude Careli, dans le Doubs, tend à le prouver. La destruction de renards ne doit être que l’ultime solution, jamais la première ! 

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Les renards, comme tant d’autres mal-aimés, sont aussi avant tout des êtres sensibles. Ce seul motif éthique devrait d’ailleurs nous imposer la retenue. J’ai observé chez eux des comportements d’affection, de compassion et d’entraide qui dépassent de loin ce que les manuels classiques décrivent. Donnez aux scientifiques et aux naturalistes le temps et les moyens de documenter ces réalités. En attendant, appliquons le principe de précaution juridique : le doute doit profiter à celui qu’on accuse, d’autant plus ici. Car nous ne sommes malheureusement pas au tribunal. Pas de réhabilitation pour les condamnés des ESOD !

La sentence administrative est immédiate, irrévocable, sans appel ni possibilité de sursis. Tuer l’un de ces animaux revient, dans les faits, à tuer un chien ou un chat qui n’aurait simplement pas de maître attitré, alors que leur sensibilité est au moins aussi sincère.

Si l’être humain s’octroie le droit de tout leur saisir dans leur univers – jusqu’à leur vie comme leur progéniture  –, ces animaux ne doivent en revanche jamais poser une patte ou une plume dans nos espaces anthropisés. Gare à eux s’ils franchissent nos frontières invisibles qui n’existent qu’à nos yeux ! C’est une triste notion de propriété qui s’applique ici : après avoir dépossédé la vie sauvage de son habitat, nous exigeons qu’elle s’efface totalement de ses territoires anciens.

Elle subit le même courroux que les peuples premiers à qui l’Histoire a tout pris. Trop libres, trop harmonieux, les ESOD incarnent une injure permanente à nos sociétés modernes, vidées de sens et de liens avec cet ensemble merveilleux que nous appelons la Terre. Ce constat dépasse toutefois le seul destin du renard : il révèle une fracture plus profonde entre notre idée de propriété et notre appartenance commune au vivant.

Le mirage de la propriété

Je souhaite étayer mes propos sur notre oubli d’appartenance à un même monde et sur notre profonde déconnexion. En août 2026, une éclipse solaire a réuni des millions de personnes dans un élan d’émerveillement populaire. Au-delà du spectacle céleste, cet événement aurait dû nous interroger sur la singularité de notre planète. Observée depuis n’importe quel autre astre stérile, cette éclipse n’aurait rassemblé aucune vie. Notre Terre est une exception cosmique précisément parce qu’elle foisonne d’organismes interconnectés. Cet enchaînement hautement improbable de conditions physiques a permis à la vie de se complexifier et de s’adapter.

Les animaux non humains obéissent aux lois d’un équilibre forgé par des millions d’années d’évolution sélective, et non par notre sélection artificielle.

Nous n’avons pas façonné ce monde, ne l’oublions jamais ; nous ne faisons que le modifier drastiquement pour en livrer une version appauvrie. Si chaque pièce du vivant a pu s’imbriquer patiemment au fil de l’évolution, avant que nous ne donnions de violents coups de pied dans l’œuvre d’art, c’est que chaque élément avait sa fonction propre pour soutenir l’ensemble et le porter. Une seule espèce a échoué à grandir sans détruire l’essence même de son milieu, croyant en tirer un quelconque bénéfice alors qu’elle compromettait sa propre survie. Pour maintenir le fantasme d’un contrôle absolu et d’une supériorité factice, elle a déployé tous les subterfuges possibles : cette espèce, c’est la nôtre ! Sommes-nous à ce point déconnectés que nous n’arrivons plus à nous envisager comme Terriens ?

Nos contradictions

Et nous n’avons toujours pas compris. En 2026, notamment avec les ESOD, nous voyons qu’il nous faut encore justifier l’importance de préserver des espèces à qui nous sommes liés. Que devrait être le point de bascule pour respecter la vie ? Quel désastre sera assez grand pour nous réveiller enfin et nous pousser à nous considérer comme de simples habitants de cette planète, et non comme ses contremaîtres ?

Faudra-t-il que tout brûle devant nos portes pour que s’opère un déclic ? Notre attitude revient à détruire chaque matin une pièce d’un tableau inestimable, sans sourciller. Nous sommes vivants, sentients, et ce simple état de fait devrait nous interroger sur l’absolue rareté du miracle terrestre.

L’actualité nous rappelle aussi cruellement nos contradictions. Pourquoi nous réjouissons-nous qu’il n’y ait aucune victime humaine dans les incendies de forêt ? Pourquoi déplorons-nous les animaux morts dans les élevages industriels pendant les canicules, tout en ignorant les milliers d’animaux sauvages calcinés en silence lors des incendies en été ? Une vie sauvage vaut-elle moins qu’une vie d’élevage sous prétexte qu’elle n’affiche aucun poids économique ni aucun titre de propriété ? On gomme sa valeur intrinsèque, sa valeur écologique, comme celle de la forêt.

S’émerveiller

Notre société s’éteint parce que nous avons anesthésié notre capacité à nous émouvoir au quotidien, préférant le faste superficiel des écrans à la richesse de ce qui se joue dehors. Nous recherchons la facilité d’un réglage millimétré que nous appliquons avec rigueur à notre quotidien. Il nous faut réapprendre la patience et accepter la frustration. Cette dernière n’est qu’un trompe-l’œil dans un vide que nous tentons de combler par la consommation à outrance. La frustration dans nos vies comme face au sauvage est nécessaire : elle seule nous autorise à revoir notre approche et à apprécier l’inattendu. Car le monde ne manque pas de merveilles, il manque simplement de notre émerveillement au quotidien !

Le problème général réside en chacun de nous, et c’est une heureuse nouvelle, car cela signifie que la solution s’y trouve aussi. Le citoyen réclame trop souvent une « biodiversité à la carte », révélatrice de notre incapacité chronique à partager l’espace, y compris au fond de nos jardins. Il est à présent de notre responsabilité collective de nous informer avec clairvoyance sur la vie voisine de notre quotidien et de nous extirper des idées reçues, savamment entretenues par des corporations d’un autre temps.

Il nous faut demander des changements sociétaux forts et modernes. Nous devons cohabiter en préservant la vie sauvage par des moyens non létaux plutôt que de chercher à la détruire. Les personnalités qui ont œuvré jadis pour les droits humains comprenaient d’ailleurs que leur combat était indissociable de celui pour les droits des non-humains. Ces luttes sont intimement liées.

Les défendre pour nous protéger

Si nous parvenons à concevoir ce qui est différent comme essentiel, si nous cessons de classer arbitrairement le vivant entre « nuisible » et « utile » sous le seul prisme de nos intérêts économiques illusoires, nous commencerons enfin à arpenter le chemin de la sauvegarde, y compris la nôtre. Car chaque pas dans la bonne direction est un poids de moins sur les épaules de nos descendants. Beaucoup n’ont pas encore fait le lien entre la biodiversité du quotidien et la résilience des milieux qui nous offrent le confort thermique, l’eau et la santé mentale.

Il est temps d’éduquer les consciences à cela. Passer une journée devant un écran ou sous la canopée d’une forêt vivante n’offre aucune comparaison : c’est le choix entre un possible essorage mental pour l’un, et la douche mentale bienfaisante et régénératrice de l’esprit et du corps, pour l’autre.

Sauvegarder les écosystèmes

Le classement des ESOD est juste une interprétation erronée des espèces par notre seule vision. Or, elles font toutes partie du « bien commun », comme la forêt et l’eau. C’est ma deuxième attente pour 2027. Nous ne pouvons plus confisquer ou détruire ces ressources, car cela met la vie sauvage en grande souffrance. La propriété privée sur les espaces naturels constitue une aberration juridique lorsqu’elle prive les habitants non humains de leurs droits fondamentaux : s’abriter et se nourrir. Les limites de nos réglementations devraient s’arrêter là où commence le besoin vital de la faune sauvage. Tout projet de libre évolution devrait prévaloir, sans équivoque. La valeur écologique de tout individu, comme de tout milieu, doit primer sur la notion économique que nous lui attribuons.

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Changer de regard

Vous le voyez, il ne faut pas changer de monde ni d’espèces, il faut changer de regard. Il nous faut apprendre à cohabiter avec nos voisins sauvages, en faire des partenaires de vie permanents et leur donner les moyens d’accomplir leurs missions écologiques et leurs bienfaits. Accepter de ne rien maîtriser est salutaire, c’est une excellente base de travail. L’humilité nous enseigne que la cohabitation apaisée est la clé du mieux-vivre ensemble.

Le climat nous montre déjà de quoi il est capable. Nous n’avons pas su limiter nos incidences sur le réchauffement global, et la Terre va nous imposer de nouvelles règles qui balaieront nos certitudes, y compris économiques. Réapprendre à faire avec, en accord, est notre planche de salut.

2027 doit devenir une ligne de partage nette : soit la défense du vivant est sacrifiée après chaque arbitrage électoral, soit elle devient enfin un critère central de dignité collective et de responsabilité politique. En portant notre protection sur ces prétendues espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, nous nous protégeons aussi. Nous pourrons alors revoir nos modèles, réduire nos intrants chimiques, restaurer les écosystèmes et finalement réhabiliter une part de notre âme. C’est notre approche globale qui changera.

Point de bascule éthique

C’est pourquoi il faut dire stop. Stop à l’expropriation de la nature. Stop au délit de faciès environnemental. Cessons d’extraire les occupants légitimes de leurs milieux comme des nôtres pour tenter ensuite, de façon dérisoire et coûteuse, de remplacer leurs fonctions. Nous n’aurons jamais l’efficacité biologique d’un renard pour réguler les campagnols, ni la patience d’un geai des chênes pour reboiser délicatement nos forêts. Nous tirons profit des services écosystémiques de l’ensemble des espèces. Elles travaillent pour nous gratuitement, écologiquement et nous font grâce de leurs atouts lorsqu’on les laisse exercer sans entraves. Peuvent-elles en dire autant de notre présence ?

Révolution écologique

Tout ce que nous infligeons à nos semblables, nous le faisons subir puissance dix à la nature. À l’inverse, chaque parcelle de liberté que nous lui restituons nous est rendue au centuple par ses bienfaits inestimables. La valeur écologique n’a pas de prix. Les ESOD ne trament aucun complot contre l’humanité, pas plus que les autres espèces. Nous seuls projetons sur elles cette malveillance, qui est notre vice le plus profond et notre contradiction la plus visible.

Cette question dépasse les simples sensibilités individuelles : elle engage une responsabilité commune et éthique. J’appelle donc solennellement à un éveil des consciences. La révolution écologique se fera lorsque nous sortirons pleinement des postures corporatistes et politiques qui paralysent l’action. Les citoyens détiennent l’issue par leur positionnement, leur refus de l’indifférence et leur engagement de terrain.

Nouveau sillage

Si vous avez des enfants, réagissez aussi pour eux. Puisque la solution ne viendra pas d’en haut – de décideurs hors-sol prisonniers du court terme des mandats –, j’appelle tout le monde à demander des comptes et à agir localement. Je ne souhaite plus m’adresser à certaines structures politiques aveuglées par l’exercice du pouvoir et niant l’évidence, mais à vous, chers citoyens. Vous avez la capacité de porter ces évolutions sociétales majeures. Brisons les carcans.

Portons la voix du vivant avec la même détermination que celle qui permit jadis de briser les chaînes de l’esclavagisme. Peu de générations ont eu le courage de transmettre ce legs, nous pouvons y parvenir. Mettre ses pas dans les traces de nos prédécesseurs est aisé ; ouvrir un nouveau sillage, là où tout reste à construire, demande du courage, du temps et de l’énergie. Mais nous avons commencé à baliser le parcours : empruntez-le !

Agir en faveur des autres, et pour ceux qui n’ont pas de voix contrairement à nous, est admirable. Traiter chaque être avec mesure et compassion n’enlève rien à notre définition de l’humain ; cela l’enrichit, la complète, la souligne et la bonifie. Oui, il reste tellement à faire pour notre propre espèce, ici et ailleurs, où la souffrance perdure.

Mais donner des droits – à commencer par le droit de vivre – à des espèces qui ont tout autant leur place que la nôtre dans ce monde me semble être l’une des grandes luttes que notre génération doit faire aboutir.

L’échéance électorale de 2027 approche. L’avenir de ces écosystèmes, de ces milieux et de ces espèces sacrifiées doit enfin occuper le premier plan du débat national. C’est une conviction que je défends sans relâche : octroyer des droits aux non-humains et reconnaître la valeur écologique de l’ensemble naturel ne retirera rien à nos propres libertés. Loin de nous réduire, ce choix éthique nous élèvera. Il élargira les horizons d’une idée de l’humanité qui, en apprenant enfin à cohabiter avec ses voisins sauvages, se grandira de ses propres différences. / Mickaël Paul, du PGP

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