Agatha Liévin-Bazin est vulgarisatrice scientifique et docteur en éthologie. Elle étudie les comportements des espèces et s’intéresse aux liens sociaux entre animaux. En particulier dans son dernier album Que d’émotions ! (Milan, 2022), co-écrit avec Charlotte Duranton et illustré par Magali Attiogbé. “Les oiseaux vous forcent à un peu d’humilité.” Selon elle, il faut qu’on arrive collectivement à se reconnecter au vivant, aux espèces qui nous entourent. Des “colocataires”, comme elle dit, très utiles…

Vous lisez un extrait du Zéphyr n°15 « Le silence des oiseaux« . Le Zéphyr est un média indépendant, financé par ses lecteurs et lectrices. Découvrez le sommaire du spécial « volatiles » par ici, puis commandez l’opus. Vous pouvez aussi vous abonner et acheter le numéro en PDF. Bonne lecture !

Elle apparaît à l’écran avec son micro de chroniqueuse radio. Habillée de son pull vert vif, elle sourit franchement. Sans aucun doute, Agatha Liévin-Bazin est à l’aise pour parler des volatiles. Sa grande passion. L’éthologue passe de nombreuses journées à raconter des histoires sur les populations aviaires. Elle écrit aussi. Beaucoup. Si elle pouvait en vivre, nul doute qu’elle « ne ferait que ça », glisse-t-elle. Or, en attendant, Agatha vole de projet en projet de sensibilisation, telle sa pie fétiche.

« Comprendre comment vivent les animaux est indispensable »

Le Zéphyr : Vous avez arrêté la recherche universitaire en 2017 et vous êtes devenue vulgarisatrice indépendante. De quelle manière sensibilisez-vous à la problématique du déclin des oiseaux ?

Agatha Liévin-Bazin : La vulgarisation scientifique, nous pouvons en faire assez facilement. Il y a forcément les conférences, les TedTalks, le concours « Ma thèse en 180 secondes »… Mais nous pouvons aussi nous y employer avec de la pâte à modeler, de la chanson, du dessin, avec la radio, le dessin animé ou des podcasts… Au départ, je voulais faire de l’illustration avec mon blog « Le nid de pie », mais je n’ai finalement que peu de temps pour dessiner (Rires). J’aime faire de tout, l’indépendance me plaît. J’ai également mon émission de radio, « Le nid de pie », sur Campus FM depuis octobre 2018.  Une émission de radio mensuelle sur le monde animal.

Lire aussi : En chute libre : les oiseaux sont-ils en danger ?

Je réalise comme j’ai de la chance depuis cinq ans. C’est super ! Je suis payée pour apprendre des choses et les apprendre aux autres ! Mes missions sont très variées. Par exemple, j’ai eu la chance de pouvoir organiser des visites pour des familles au musée d’Orsay, à Paris, pour l’exposition sur le travail de la peintre Rosa Bonheur, en 2022. Qui, soit dit en passant, était plus connue que Beyoncé, à son époque.

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En ce qui concerne le public de la jeunesse, je passe principalement par les livres. Dans mon dernier ouvrage publié, Que d’émotions !, il est question de la manière dont les émotions sont ressenties par les différentes espèces animales, dont les oiseaux.

Pourquoi est-ce si important pour vous de sensibiliser le grand public ?

Je pense que sensibiliser aux êtres vivants qui nous entourent est essentiel. Et urgent. Ça peut sembler un détail quand nous avons le nez dans le guidon (gagner sa vie, payer son loyer…), mais comprendre comment vivent les animaux autour de nous, c’est comme connaître l’Histoire pour en tirer des leçons. C’est respirer l’air pour fonctionner. J’ai beaucoup de mal à assimiler que nous ne puissions pas y porter au moins une attention polie.

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Ce sont nos colocataires. Tout le monde est amené à côtoyer des espèces : tant les animaux de compagnie, les pigeons dans la rue que les araignées qui s’invitent chez nous. Il faut donc cohabiter avec eux du mieux possible, et ça passe, à mon sens, par une meilleure connaissance de leur mode de vie. Si je peux sensibiliser les gens, leur apprendre à regarder autour d’eux, et surtout à prendre en compte ce qu’ils y voient, alors ma mission est accomplie, et elle prend sens. / Propos recueillis par Enora Hillaireau

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