Une très grande partie des gouvernements s’étaient fixé en 2015 comme objectif de limiter le réchauffement moyen de la surface de la Terre à 2° (si possible, 1,5°) par rapport à l’ère préindustriel. En 2021, la barre des 1,1° a été franchie à l’échelle planétaire (1,7°, en France). Afin de limiter la hausse moyenne de la température, il faut en particulier baisser les émissions de gaz à effet de serre de manière massive. Maintenant, pas demain. Or, pour l’heure, on en est loin, a indiqué, dans son dernier rapport, en juin, le Haut Conseil pour le climat.

Les activités humaines sont responsables du réchauffement climatique, les scientifiques le répètent à longueur de journée, c’est sans équivoque. En cause : les émissions de gaz à effet de serre, le CO2, le méthane et le protoxyde d’azote, qu’il convient de limiter ou d’atténuer. Là, maintenant, sans attendre. L’idée est d’atteindre, d’ici 2050, la neutralité carbone, comme la France s’y est engagée (elle est censée réduire ses émissions de 40 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, le gouvernement a indiqué il y a peu vouloir aller plus loin).


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Pour y parvenir, les puits de carbone naturels (comme les océans et les forêts) peuvent être d’une grande aide. Mais, explique le Haut Conseil pour le climat (HCC) dans son dernier rapport, « l’absorption de CO2 par les puits de carbone forestiers s’est fortement dégradée entre 2013 et 2019, pour ensuite augmenter légèrement entre 2019 et 2020 ».

Or, il faut surtout agir à plusieurs niveaux et dans chaque secteur économique. Le Haut Conseil pour le climat l’a rappelé, le secteur le plus émetteur en France demeure celui des transports (30 %), et, en premier lieu, les déplacements en voiture, puis en poids lourds et véhicules utilitaires. Suivent les secteurs de l’industrie (19 %) et de l’agriculture (19 %), dont une grande part revient à l’élevage, juste devant le secteur du bâtiment (18 %).

Accélérer le rythme de baisse des émissions de GES

Depuis 1990, la tendance des émissions de GES est à la baisse depuis 1990. Et ce, dans tous les secteurs, selon le rapport annuel du HCC. Elles restent néanmoins encore à « confirmer », notamment dans le domaine du transport et de l’agriculture. En tout cas : « La réponse de la France au réchauffement climatique progresse, mais reste insuffisante et les politiques d’adaptation souffrent d’un manque d’objectifs stratégiques, de moyens et de suivi », indique le dernier rapport du HCC.

Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 6,4 % en 2021, par rapport à 2020. Or, cette année-là était à l’arrêt en raison de la pandémie. Toujours est-il que le rythme de réduction, sur la période 2019-2021, – 1,9 % par an, n’a pas été assez ambitieux. Selon le HCC, il faudrait que le rythme annuel de réduction des émissions augmente et soit de – 4,7 % par an en moyenne sur la période 2022-2030.

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Transports et agriculture : peut mieux faire

En ce qui concerne le domaine des transports, le HCC précise que « la stratégie de décarbonation de l’aérien n’est pas engagée, malgré les démonstrateurs technologiques et industriels, et (elle) n’intègre pas la maîtrise de la demande. La part des voitures électriques (9,8 %) dans les immatriculations de voitures neuves s’accélère en 2021. Le déploiement des infrastructures de recharge électrique accuse cependant un retard« . En outre, « les dispositifs d’accompagnement pour le renouvellement des véhicules particuliers ne ciblent pas suffisamment les ménages à faible revenus et les professionnels, dont les activités dépendent de leurs véhicules ».


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Et du côté des logements ? « Les dispositifs de subventions et de financement conséquents du Plan de relance (du gouvernement) encouragent peu les rénovations globales profondes. Le nombre d’opérations de rénovation a fortement augmenté, mais ces dispositifs ne ciblent pas suffisamment les opérations performantes. » De façon générale, le HCC encourage les pouvoirs publics à prioriser « les mesures encourageant la sobriété des infrastructures et des usages » (en savoir plus).

Le réchauffement climatique et ses terribles conséquences en France

L’heure est grave. « Les impacts du changement climatique s’aggravent en France, avec des effets chroniques et aigus », en particulier en raison de l’intensification des périodes de canicules, comme on le voit en cet été 2022. Autant de périodes d’« extrêmes chauds exacerbés dans les villes par le phénomène d’îlot de chaleur urbain, des sécheresses, et des pluies extrêmes ». Et cela a des conséquences graves sur les infrastructures, la production agricole, les écosystèmes (comme le dépérissement des forêts (sujet du Zéphyr #13). Les impacts sur la santé humaine sont aussi importants (on parle de « surmortalité »).

Selon le rapport, les Français sont beaucoup plus exposés aux « aléas côtiers dus à la montée du niveau de la mer (inondation chronique à marée haute, submersions rapides, érosion liorale) et au recul du trait de côte » (voir Le Zéphyr #12). Sans compter qu’en raison d’un hiver doux, « le développement précoce de la végétation l’a exposée à un épisode marqué de gel tardif en avril, qui a provoqué d’importants dommages pour les arbres fruitiers et la vigne ». Par ailleurs, « des pluies intenses ont provoqué des inondations dans les zones urbanisées et des dégâts sur les cultures en 2021 ». / Philippe Lesaffre