Au chevet des soignants dans une France sous cloche


À l’heure du confinement, la rédaction du Zéphyr prend la température du pays. Rendez-vous à Agen, où le patron d’une brasserie mobilise autour de lui pour soutenir (et nourrir) les personnels soignants. Et ça marche…

La France sous cloche, la France immobile, ou presque. Depuis le 17 mars, personne n’a le droit de quitter son domicile, sauf exception. On peut sortir effectuer quelques courses alimentaires, s’occuper d’un aîné dans le besoin, se rendre au travail, promener en vitesse son chien. Une mesure inédite en temps de paix, visant à freiner la propagation du virus qui a déjà frappé et endeuillé tant de femmes et d’hommes dans le monde. Et faciliter, ainsi, la tâche des personnels soignants, qui restent sur le front jour et nuit pour suivre les personnes malades en réanimation.


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« Né dans une casserole »

Les villes et les campagnes tournent au ralenti, les bruits de circulation ont disparu, et les commerces, hormis ceux qui sont prioritaires, ont fermé boutique. Pour ne pas gaspiller de marchandises, certains gérants ont fait appel à des banques alimentaires et des associations en vue d’aider les plus vulnérables. On a vu des fleuristes donner des bouquets aux hôpitaux, des boulangeries tendre une baguette aux personnels soignants, en guise de soutien.

Guidés par un esprit de solidarité, des commerçants et des patrons de restaurants ont décidé de venir en aide à ces « travailleurs de l’ombre », comme l’affirme Anthony Delbos, à Agen, au bord de la Garonne. Ici, dans cette cité habituellement dynamique, le garçon, « né dans une casserole », tient plusieurs établissements. Dont la brasserie L’indé, où il sert habituellement des fines mousses, brassées sur place. Et rapidement, avec ses associés (notamment son cousin), il a ressenti le besoin de servir les pompiers, les ambulanciers, les médecins et les infirmiers qu’il voit souvent passer dans sa brasserie.

Le rugby s’y met

En compagnie de commerçants voisins tout aussi mobilisés, il a récupéré de bons produits (du pain, du fromage, de la charcut’, what else ?) et offert pendant plusieurs jours des plateaux-repas,  sur commande aux médecins, pompiers et infirmiers. En tout, il a dû avec les siens préparer près de 1 000 casse-croûte. « On connaît leur difficulté, on ne pouvait pas rester les bras croisés », explique-t-il au bout du fil. Son initiative a plu et a en tout cas été largement partagée et commentée sur les réseaux sociaux, avant que les médias locaux, puis nationaux, comme Le Zéphyr, relayent la belle action. « On a été surpris de l’ampleur au départ, mais c’est super », glisse Anthony.


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Pour l’heure, dépourvu de vivres, il cesse l’aventure, et cherche avec ses collègues un autre moyen d’aider les blouses blanches, « en guerre » contre le coronavirus, dixit le chef de l’Etat.

En attendant, il aura au moins incité des joueurs du SUA, le club de rugby de la ville, à s’y mettre. Entre deux séances de sport « par visioconférence », précise La Dépêche, les troisième ligne Vincent Farré et Romain Briatte et le deuxième ligne Andrès Zafra, par solidarité, ont lancé une cagnotte pour récolter des fonds (avec Vincent Péducasse, l’analyste vidéo du SUA). Déjà 1 525 euros en quelques heures (mais ça monte très vite). / Frédéric Emmerich