Un dimanche avec le ministre du Temps libre

André Henry a été ministre du Temps libre de 1981 à 1983 après une carrière d’instituteur et de syndicaliste. Deux années durant lesquelles il a tenté de « changer la vie » des Français, en libérant leur temps – un rêve porté par la gauche depuis le Front populaire.  Il a notamment mis en place les chèques-vacances.

Voici le podcast de son interview

ou via flux RSS (obtenir ici)

Pour compléter l’écoute de cette interview, lisez son portrait : par ici

Derrière le micro…

…notre journaliste Jacques Tiberi. Il raconte comment il a rencontré l’ancien ministre :

« C’est un franc-maçon, dont je réalisais le portrait (à lire ici), qui m’a parlé d’André Henry. L’appartenance maçonnique de l’ancien ministre, membre du Grand Orient de France, est de notoriété publique.

Son titre (« ministre du Temps Libre ») a réveillé chez moi de vieux souvenirs : des débats avec mon père (un homme de droite), pour qui ce genre d' »énergumène socialiste soixante-huitarde » avait plongé le pays dans la paresse. « Et bientôt l’État va payer les gens pour respirer ! » s’emportait-il, réagissant, avec un temps d’avance, à l’idée de « revenu universel et inconditionnel », aujourd’hui portée par… le Grand Orient de France, entre autres.

J’avais donc envie de voir de plus près ces « soixante-huitards gauchistes mitterrandiens » dont j’entendais pis que pendre lors de nos dîners de famille.

André Henry m’invita à prendre le café au Sénat, où il a ses entrées. J’ai, dans ma prime jeunesse, effectué un stage dans cette maison. Nous nous sommes retrouvés dans un des petits salons du restaurant du Palais du Luxembourg, à l’heure où l’on dessert les tables inoccupées. J’ai d’ailleurs craint que l’enregistrement ne soit gâché par les tintements de verres et les bruits de couloir.

Au final, l’homme m’a paru presque aussi libéral que ne l’était mon père ! Trop de vacances, des temps de repos mal placés, une mauvaise rémunération du travail… Certes, ses idées sur la réduction du temps de travail n’auraient pas plus à mon paternel, mais, qui sait, l’ancien homme politique aurait peut-être trouvé les mots pour le convaincre ! »