La France ne fait pas assez d’efforts pour s’adapter au changement climatique, selon le Haut Conseil pour le climat, qui a rendu son rapport annuel le 8 juillet 2026. Les autorités publiques devraient « se mobiliser » davantage, écrivent les scientifiques. En particulier pour restaurer les puits de carbone, comme les sols et les écosystèmes forestiers.

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On n’y est pas. « La France doit se mobiliser pour engager un changement d’échelle des politiques climatiques d’atténuation (baisse des gaz à effet de serre, ndlr) et d’adaptation. » Le Haut Conseil pour le climat (HCC) vient de rendre son dernier rapport portant sur l’évaluation des actions publiques en 2025. En pleine période de canicules historiques, l’instance indépendante se montre sévère. « Le réchauffement observé en France se poursuit à un rythme rapide, pour toutes les saisons, et plus marqué en été. »

Or, écrit-elle, « l’adaptation mise en œuvre actuellement en France est insuffisante pour contenir l’augmentation rapide des risques climatiques ». Elle évoque « un décalage entre les efforts réels d’adaptation et la forte augmentation des besoins d’adaptation dans un climat qui change vite ».

Le « rôle essentiel » des puits de carbone

La France a pourtant des leviers pour tenter de limiter au mieux les impacts du changement climatique, parmi lesquels se trouvent « la perturbation de la scolarité des enfants, la surmortalité liée à la chaleur, la diffusion accrue de maladies vectorielles, les pertes agricoles, les tensions sur l’eau, les coûts élevés des dommages liés aux inondations et au retrait-gonflement des argiles, l’augmentation du coût des assurances, le recul du trait de côte, le blanchissement des coraux, le dépérissement des forêts ».

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Le taux de mortalité des arbres, en France, reste élevé et les incendies, qui se multiplient cet été, déciment des milliers d’hectares (en huit jours de juillet, 7 800 hectares ont brûlé, presque le double de tout le mois de juillet 2025, selon les données du Système européen d’information sur les incendies de forêt).

Les puits de carbone « jouent un rôle essentiel » pour atteindre la neutralité climatique en 2050. D’où la recommandation des scientifiques de « restaurer » les milieux et les écosystèmes, les forêts et les zones humides et aquatiques. Car tout est lié…

« Des investissements supplémentaires »

Par ailleurs, le HCC rappelle qu’il est crucial de poursuivre les efforts de décarbonation, tant pour le secteur des transports (le principal « point noir« , rapporte Le Monde) que de l’agriculture, de l’industrie, des bâtiments, de l’énergie et des déchets. « Le rythme de baisse d’émissions observé pour 2025 a encore ralenti, ce qui reporte les efforts sur les années à venir ».

Mais cela demande de la volonté politique et « des investissements supplémentaires ». En sachant que, de toute façon, « le coût de l’inaction est beaucoup plus élevé que le coût de la transition ». / Philippe Lesaffre

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